Luis Sepulveda
Luis Sepulveda, l’écrivain chilien, présentait, lundi 11 janvier, à la Maison de l’Amérique Latine, à Paris, son dernier livre, dans le cadre d’un nouveau cycle qui s’appelle « Chronique d’Auteurs annoncés ». Le livre est un roman qui s’intitule « L’Ombre de ce que nous avons été » (Ed.Métailié). Il s’agit du retour à Santiago après la répression et l’exil de ses amis, aujourd’hui sexagénaires comme lui, à la suite de la dictature que le pays a connue alors que la démocratisation reste encore très pâle. Il leur dédie ce roman : « A mes camarades, ces hommes et ces femmes qui sont tombés, se sont relevés, ont conservé leurs rires, sauvé la joie et continué à marcher. » L’auteur a la volonté de rire de la tragédie, même d’en faire une farce. Sepulveda refuse le pathétique et parle avec humour du caractère chilien, il manie la dérision avec le plus grand talent… Son credo : L’histoire de l’humanité est une histoire de perdants, il faut savoir en rire ! Il n’en reste pas moins obsédé par la mémoire du Chili. Célèbre dans le monde entier depuis 1992 avec la publication de « Le Vieux qui lisait des romans d’amour », Luis Sepulveda a vécu 13 ans en Allemagne, tenté de retourner au Chili et vit maintenant en Espagne. Alors que les années Allende étaient interdites des manuels d’histoire, le gouvernement Bachelet a rétabli l’éducation civique dans les écoles. L’auteur s’en félicite mais… à travers son roman on sent, comme s’il en avait besoin pour être lui-même ou bien pour la conjurer, l’inquiétude de l’avenir politique chilien. Un livre drôle et passionnant à dévorer dans la journée.
I. Aubert
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