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Sénégal, Pays de la Teranga

Vendredi 19 février 2010

Le Sénégal a lancé samedi dernier, 13 février à Dakar les festivités du cinquantenaire de son indépendance obtenue de la France le 4 avril 1960, en organisant une cérémonie présidée par le chef de l’Etat Abdoulaye Wade, dans le plus grand stade du pays. Le président Wade, 83 ans, vêtu d’un majestueux grand boubou bleu clair et coiffé d’un bonnet blanc, a d’abord passé en revue les troupes. Puis, au côté de son épouse française Viviane, 77 ans, il a inauguré dans le hall du stade une exposition sur l’histoire du Sénégal. Auparavant, Léopold Sédar Senghor, un catholique, avait dirigé le Sénégal pendant 20 ans, de 1960 jusqu’à sa démission, fin 1980, au profit de son Premier ministre, Abdou Diouf. Ce dernier, un musulman, présida ensuite le Sénégal jusqu’en 2000.

« Je souhaite que l’année 2010, année du cinquantenaire, soit synonyme de concorde nationale, de fervente communion autour des idéaux d’harmonie nationale et de fraternité humaine« , a déclaré le chef de l’Etat. « Qu’elle soit un nouveau jalon lumineux dans la marche de notre pays vers des victoires toujours plus belles et plus éclatantes« , a-t-il lancé.

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La Variété des paysages sénégalais est un enchantement pour tous, de l’aridité du désert, au nord, à l’opulence des forêts tropicales, au sud et c’est le pays de la « Téranga » autrement dit d’une hospitalité naturelle qui lui sert de bannière. Son équipe nationale de football ne s’appelle t’elle pas « Les lions de la Téranga » ? Ses capitales, Saint Louis, bijou architectural, puis Dakar, bordée de bandes de sable blanc invitant à la baignade, parlent à notre mémoire d’un temps où, sur les cartes de géographie murales de nos écoles, on apprenait l’Afrique Occidentale Française. Ce pays a une longue histoire partagée avec la France : les pionniers de l’aviation, héros incomparablement courageux tel Mermoz, Guillaumet, Saint Exupéry et autres pilotes de l’Aéropostale y ont souvent séjourné lors d’escales et ont laissé un impérissable souvenir à l’Hôtel de la Poste de Saint Louis. Quelle que soit la motivation qui vous pousse vers ce pays, qu’elle soit nature sauvage, faune et flore préservées ou paysages superbes, plages paradisiaques ou mangroves du Siné Saloum, rives du fleuve Sénégal que l’on remonte sur des bateaux de légende ou encore histoire commune entre nos deux pays, c’est avant tout la population jeune et bigarrée, riche de traditions, mais qui va de l’avant, dont le wolof est le principal groupe ethnique, qui vous donnera envie d’y revenir. Avec de grands écrivains, comme Ousmane Sembene ou Mariama Bâ, Fatou Diome et son « Le Ventre de l’Atlantique », best seller en 2004, écrit dans une langue française très pure, des musiciens mondialement reconnus, pour preuve le Festival international de Jazz à Saint Louis, né en 1990 ou Youssou N’Dour, descendant de griots toucouleur, maître incontesté du rythme mbalax, peintres et sculpteurs (qui a vu les œuvres d’Ousmane Sow, exposées à Paris, sur le Pont des Arts en 2005, n’est pas près de les oublier : nous avons été 3 millions), ce pays, patrie de Léopold Sédar Senghor, Président francophile, ancien élève du lycée Louis le Grand et de l’Ecole Normale où il se lia d’amitié avec Aimé Césaire et Georges Pompidou, qui fut le premier Africain à siéger à l’Académie Française, et épousa une Normande, annonce des lendemains hauts en couleurs, où l’amitié franco-sénégalaise a sa place.

I. Aubert

Istanbul, capitale européenne de la culture 2010

Jeudi 4 février 2010

Istanbul

De Byzance à Istanbul…

Alors que prend fin, au Grand Palais, l’exposition « De Byzance à Istanbul, un Port pour Deux Continents »,  magistralement mise en scène, dans le cadre de la Saison de la Turquie en France (juillet 2009/mars 2010), on se réjouit déjà que l’année 2010 prenne la relève et mette encore  Istanbul sous les projecteurs, en tant que capitale européenne de la culture.

Tout au bout  de l’Europe, depuis l’Antiquité, Istanbul règne en vigie sur deux mondes, le vieux continent et l’Asie éternelle. Le miroitement de la surface du Bosphore qui fascina Pierre Loti conduit, comme dans un rêve, d’un continent à l’autre en 15 minutes de bateau.

Si l’on veut préparer un voyage à Istanbul, il n’est que de lire le roman éponyme d’Orhan Pamuk dont c’est la ville et qui raconte, au fil des pages ses promenades d’enfant, à pied, en voiture, à travers les ruelles en pente et les jardins, devant les villas décrépies des stambouliotes, qui évoquent le déclin de l’Empire Ottoman. La lente érosion de ces familles dont certaines, comme les Camondo, ont fui vers la France, tissant un peu plus encore des liens faits de culture et d’amour de notre pays et de notre art.

Mais Istanbul n’est pas que nostalgie, que paradis perdu. Depuis qu’en 1923, Mustapha Kemal Ataturk liquidant l’empire ottoman lui préféra Ankara comme capitale de la nouvelle république, elle s’est redressée, a repris le cours d’une histoire où la conquête n’est plus signe de désastre mais au contraire d’apport, de mémoire et de vie bouillonnante comme on peut le constater au fil des rues.

Lorsque qu’ayant épuisé votre potentiel de résistance à visiter la Mosquée Bleue et ses faïences d’Iznik, Sainte Sophie, Saint Sauveur in Chora et le Palais de Topkapi, en évoquant les odalisques alanguies sur des sofas de soie et toutes les mosquées, églises, palais, hippodrome, citernes, etc., alors prenez le bateau pour découvrir les neuf  îles des Princes aux maisons de bois, appelées yali, où l’on se déplace en phaéton. En rêvassant sur le bateau vous pourrez méditer sur cette phrase de Jean Cocteau qui qualifiait Istanbul de « vieille cantatrice couverte de gloire et de bijoux » telle une sultane validée.

I. Aubert