home » archives » avril 2010

Turner et ses peintres au Grand Palais à Paris

Jeudi 15 avril 2010

Turner

Encore une grand’messe…

« Turner le magnifique », « le maître des nuages » titrait le Nouvel Observateur dans son supplément Paris du 27 février 2010. Nul doute que les journalistes avaient été convoqués en avant première, autant dire dans une ambiance propice à la visite d’une exposition.

J’y fus donc un mercredi en fin de matinée ayant réservé trois semaines à l’avance sur Internet (évitant le jeudi, jour de sortie des associations et autres clubs) comme c’est recommandé. Je me suis trouvée dans la situation inverse d’Alfred de Musset se rendant au théâtre Français où il n’y avait pas foule, « l’auteur n’avait pas grand succès… ce n’était que Molière ! » avait il écrit. Foule il y avait au point de rendre impossible la lecture des cartouches et des textes affichés. Impossible également de voir les tableaux tout au plus pouvait-on les apercevoir. Suffisamment en tous cas pour comprendre que le « maître » non pas des nuages mais d’un certain éclairage qui a fait sa renommée, avait un goût très sûr pour choisir ses peintres : Poussin Claude Lorrain, Rembrandt, Watteau, Constable et tant d’autres. Sont donc exposées les toiles originales et la « copie ou la toile inspirée de » qu’en a fait Turner.

Mauvaise humeur due aux circonstances inacceptables pour qui aime les peintres et la peinture, résolution de retourner au Louvre où ces œuvres peuvent être vues en collections permanentes, et d’oublier les grands messes du non moins Grand Palais. Je n’ai pas trouvé que le génie de Turner ait été bien servi par cette exposition, ni que le personnage, déjà rendu antipathique par les biographies et les textes qu’on a écrit sur lui, en soit sorti grandi : ceux qu’il a pris pour modèle font montre d’une maîtrise qui par comparaison me semble lui faire défaut en ce qui concerne le dessin puisque l’inspiration n’est pas sienne. Turner est certainement un grand peintre de l’éblouissement mais ce qui est exposé là semble plutôt terne.

Exposition jusqu’au 24 mai 2010.

I. Aubert

Edward Hopper à Lausanne

Jeudi 15 avril 2010

Restaurant à New York par Edward Hopper

La première rétrospective de l’œuvre de Hopper a lieu en 1933 au Museum of Modern Art de New York.

Dès la fin juin 2010 et jusqu’à la fin d’octobre, la Fondation de l’Hermitage à Lausanne présentera une exposition dédiée à ce peintre génial du XXe siècle, disparu en 1967 et qui reflète une période de la culture occidentale très proche de notre XXIe siècle.

Avant de se fixer à New York, Hopper a voyagé en Europe et s’est posé un moment à Paris qui, outre la rencontre avec l’Impressionnisme, lui a inspiré des œuvres remarquables et lui a donné un « vocabulaire plastique » original basé sur une esthétique très personnelle  évoquant à la fois ses contemporains (le peintre Rockwell) et une certaine littérature très vivace, issue de l’Amérique des années 2000 avec des auteurs comme Douglas Kennedy, la musique de Gershwin et bien d’autres. Hopper dépeint un American Way of Life qui nous parle.

Installé dans Greenwich Village, Hopper respire la ville : le train aérien, un ciné, un resto, des bureaux, un pont, un escalier etc. Les scènes qu’il dépeint sont souvent nocturnes, dégageant une ambiance particulière. C’est en cela qu’il est définitivement moderne. Il est célèbre pour ses tableaux d’espaces visiblement abandonnés du quotidien américain du milieu du vingtième siècle. Dans ces scènes apparemment anecdotiques et calmes domine un sentiment d’immobilité voire d’ennui qui laisse au spectateur une impression de connu.

Edward Hopper explore la composition, la lumière et la couleur, travaille les cadrages, cisèle la pénombre, superpose et juxtapose des à plats colorés. L’artiste nous interpelle et nous propose un regard dérobé et même voyeur sur une réalité aperçue depuis un trottoir ou une rame de métro. Dans les années 50, son art atteint des sommets par le dépouillement et la justesse de la touche.

A ne manquer sous aucun prétexte !

I. Aubert

Source : http://www.alledwardhopper.com/wp-content/uploads/2007/11/new_york_restaurant_by_edward_hopper.jpg

Soudan : Méroé, un empire sur le Nil

Jeudi 8 avril 2010

Sudan_Meroe_Pyramids

Qui connaît Méroé ? Ceux qui ont lu l’excellent roman d’Olivier Rollin, paru il y a une douzaine d’années, roman dont le titre promettait un dépaysement total: le Soudan, Khartoum, « Koush » pour la Bible ou encore la Nubie, là où « Les deux Nils se rejoignent pour former le fleuve des rois et des dieux morts », Juba, Malakal, Dongola et bien sûr Méroé. Méroé qui touche l’Égypte, l’Éthiopie, le Kenya, le Zaïre, et d’autres pays et qui occupa, du IIIème siècle avant J.-C. au IVème de notre ère, un immense territoire ? Qui d’autre à part les archéologues ou encore les chercheurs d’or comme ce Giuseppe Ferlini, qui en 1834 décapita plusieurs pyramides d’où il exhuma des trésors de bijoux en or, bracelets, bagues et autres amulettes que l’on peut admirer maintenant dans les musées d’Europe ?

Le Musée du Louvre expose, du 26 mars au 6 septembre, sous le titre « Méroé, un empire sur le Nil », quelque 200 pièces jamais présentées au public et qui proviennent en partie du Soudan et en partie des grands musées internationaux. Le mystère de son écriture reste entier et ce que l’on repère de la civilisation de Méroé intrigue alors que les objets exposés sont très parlants et l’on peut y voir toutes les ressemblances possibles avec l’art de l’Égypte et du monde gréco-romain. Il faut imaginer, après une longue route de Khartoum vers la mer Rouge, des dunes de sable ocre, d’où surgit une trentaine de pyramides pointues, découvertes en 1822 par le français Frédéric Cailliaud.

Mirage ou réalité ? C’est le début d’un voyage…

I. Aubert

Shanghai : le compte à rebours a commencé !

Jeudi 1 avril 2010

shanghai_pudong_bund

Shanghai 2010 Exposition Universelle

Du 1er mai au 31 octobre 2010

Sur le thème « Meilleure Ville, Meilleure Vie »

Le compte à rebours a commencé !


180 pays participants, un site de 15 hectares avec 70 à 100 millions de visiteurs attendus dont 8 à 10% d’étrangers, et l’ambition d’être la plus grande exposition universelle depuis sa création en 1851, à Londres puis 1855 à Paris.

Les habitants de Shanghai et les touristes ont afflué dimanche 28 mars, au Bund, alors que le célèbre site rouvrait après trois ans de rénovation, juste à temps pour l’exposition universelle. Le Bund, sur la rive ouest du fleuve Huang Pu, qui était autrefois un terminal pour les docks et une promenade pour les amoureux, a été fermé en 2007, dans l’espoir affiché par la ville d’en faire un endroit aussi «charmant que les Champs Élysée de Paris». Dimanche 28 mars, des dizaines de milliers de personnes ont afflué sur les rives pour apercevoir les rénovations.

Des travaux gigantesques d’aménagement sont encore en cours ou en voie d’achèvement, routes, tunnels et lignes de métro; des centaines de milliers de Shanghaiens qui veulent rivaliser avec le Pékin des J.O. se sont mis à apprendre l’anglais… Et la municipalité lance une campagne pour faire comprendre à la population que l’élégance, la politesse et la propreté sont désormais l’image de la Chine.

La France, pour sa part, sera largement représentée avec 4 pavillons : le pavillon national France bien sûr, mais également trois pavillons régionaux thématiques, qui seront situés dans la zone UBPA (Urban Best Practices Area) où seront dévoilées les meilleures pratiques urbaines qui conditionneront la ville du futur : le pavillon Paris-Ile de France, le pavillon Rhône-Alpes, ainsi que le pavillon Alsace. Jacques FERRIER, qui en est l’architecte, explique que le Pavillon de France a trois grands thèmes, qui sont l’eau, le jardin, et le caractère innovant de la structure.

Une exposition est dite universelle si elle touche toutes les branches de l’activité humaine. Outre leurs allures de fêtes populaires, les expositions ont trois enjeux : Culturel, politique et commercial. Gageons que l’Ecologie tiendra, en 2010, une place importante et qu’à partir de Shanghai on comptera un quatrième enjeu !

I. Aubert