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Trésor des Médicis au Musée Maillol à Paris

Lundi 4 octobre 2010

Florence

Amoureux de Florence et de la Toscane, courez !

Au XVe siècle, les Médicis innovent un nouveau mode de gloire : Faute de compter parmi les puissants condottieri, ils s’imposent comme banquiers. Novateurs, ils inventent la lettre de change. Leurs établissements se multiplient, ils en possèdent jusqu’à dix. Le plus important se trouve à Rome où les Médicis sont banquiers du pape.

Désormais la gloire de la famille ne s’obtiendra plus par les faits d’armes mais par la splendeur des collections ! Imprégnés de l’humanisme de la Renaissance, ils glorifient l’idéal du temps : « l’homme au centre de la création, le monde tourne autour de lui, la perfection est à sa portée. ». Tout commence avec Cosme l’Ancien lorsqu’en 1434, il attire à Florence artistes et scientifiques dans le but d’ouvrir une académie. Donatello lui prodigue ses conseils pour les choix de sa collection. Tout naturellement sa descendance poursuit son œuvre. La notion de « collection » vient de naître. Au début ils ne la montrent qu’à leurs hôtes de marque. Puis petit à petit ils l’ouvrent plus facilement et composent ainsi un musée universel qui réunit les plus belles œuvres de leurs contemporains : Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini, Michel Ange, à l’origine leurs protégés.

Alors qu’aux yeux du monde, Florence a le statut de capitale des arts, un évènement d’importance va ébranler quelque peu sa suprématie : c’est l’élection à la papauté de prélats issus de la famille des Médicis : les artistes suivent les papes dans la ville éternelle, d’autant plus facilement que ceux-ci sont leurs mécènes.

Chacun des Médicis a ses préférences : Léon X, premier pape Médicis et second fils de Laurent est inconditionnel de Raphaël ; Clément VII protège Parmigianino, Sebastiano del Piombo mais surtout c’est lui qui commande à Michel Ange le Jugement Dernier pour la chapelle Sixtine, Cosme 1er, duc de Florence et grand duc de Toscane, par la faveur de Charles Quint, crée les Offices, s’approprie le Palais Pitti, y installe les jardins de Boboli et lance Benvenuto Cellini. C’est également lui qui fait entrer dans ses collections des objets d’arts premiers : masque de jade vert de la culture Téotihuacan, cuillers d’ivoire provenant du Bénin etc. Ferdinand 1er, quatrième fils de Cosme 1er est le fondateur de la Villa Médicis, à Rome, qu’il emplit de chefs d’œuvre. Il est passionné d’objets en pierre dure pour lesquels il crée une manufacture à Florence.

Et puis il y a Marie de Médicis, épouse de notre Henri IV qui fait appel à Rubens pour décorer son palais du Luxembourg et dont les toiles monumentales occupent une grande salle au Musée du Louvre. Cosme II, au tout début du XVIIe siècle protège Galilée qui donnera le nom d’ « astres médicéens » aux satellites gravitant autour de Jupiter. Jusqu’à la dernière des Médicis, Anne-Marie-Louise, morte en 1743 sans descendance, qui  fit don à l’état de Toscane de ses fastueuses collections à charge pour lui de les exposer à Florence et d’en ouvrir la visite au public.

L’exposition du Musée Maillol est un hymne à la gloire de la conscience éclairée des Médicis. C’est dans ces liens forts noués au fil de trois siècles et demi entre ces commanditaires  inspirés et ces artisans hissés au statut d’artistes qu’est née notre notion moderne de l’art et la subjectivité du Beau qui en émerge.

C’est Bruno Moinard qui met en scène  les collections dans le cadre inattendu du Musée Maillol plutôt orienté vers l’art moderne jusqu’à présent. Le pari n’en est que plus remarquable et la réussite … A vous de juger !

Musée Maillol – 61 rue de Grenelle Paris VIIe

Tous les jours de 10 à 19 heures

Nocturne le vendredi jusqu’à 21h30

Jusqu’au 31 janvier 2011

I. Aubert