On reparle de Pierre Bonnard, au Musée des impressionnismes de Giverny
Jeudi 17 mars 2011
Au moment où va être inauguré, au Cannet, le premier et le seul musée, en France, consacré à Pierre Bonnard qui vécut et mourut (en 1947) dans cette ville des Alpes-Maritimes, le Musée des impressionnismes de Giverny, va lui consacrer une exposition (1er avril / 3 juillet 2011) intitulée « Bonnard en Normandie ».
La peinture de Bonnard me réjouit comme peut réjouir la vision sereine d’un jardin harmonieux et calme. C’est que Bonnard est avant tout décorateur, ce qui lui permet la liberté, la fantaisie et l’irréalisme.
C’est à l’Académie Julian, où il étudie le dessin, qu’il fait la connaissance de Maurice Denis, un de ceux avec lesquels il formera le groupe des Nabis (prophètes en hébreu) au moment où en littérature le Symbolisme fait fureur. Mais le peintre est trop ironique et modeste pour partager la sentimentalité et le mysticisme de Maurice Denis. Comme son ami, il simplifie la ligne et exalte la couleur, utilisée de façon arbitraire, préfère l’arabesque au modelé, néglige la perspective, serre la composition et amène les plans à la surface du tableau.
Il sait exprimer le pittoresque de la vie parisienne « 1900 », dans un mélange de cocasserie et de mélancolie. Le décor se fait intime et familier, tout comme dans les scènes d’intérieur, qui évoquent avec une subtile poésie les plaisirs et rêveries de la vie domestique. A partir de 1900, Bonnard multiplie les nus, où il donne une vision infinie de la variété des reflets de la lumière : c’est dans le nu que le peintre découvre progressivement le modelé, les reflets et la perspective, éclaircit sa palette et fait circuler l’air dans le tableau.
En 1912, il s’installe près de Giverny, où vit Claude Monet et découvre la peinture de paysages, d’abord prudemment par sa fenêtre, à la manière d’un Matisse, puis plus largement. Cependant il préfère toujours l’univers clos du jardin, qu’il dépeint dans de grandes compositions.
Les paysages de Bonnard traduisent une grande connivence entre l’homme et la nature. Quoique le sujet premier est bien d’entraîner le spectateur dans son émerveillement face à la nature, ses paysages sont toujours adoucis par une présence humaine : un toit de maison, un animal familier… C’est peut être pour cela que Bonnard fait partie de notre monde intime.
I. Aubert








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