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De Moscou à Pékin, le Transsibérien sinon rien ! A bord de l’Or des Tsars

Lundi 7 novembre 2011

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Comment, en 2012, où le citadin n’a le temps de rien, où l’on confond de façon permanente vitesse et précipitation, où la vie quotidienne se vit en résumé, où tous les déplacements se font en avion pour être plus vite à pied d’œuvre, ignorant de toute évidence les territoires traversés, comment ne pas avoir envie de prendre le temps de perdre du temps ? Comment ne pas applaudir à l’idée de rêvasser, confortablement installé sur le velours cramoisi d’un compartiment tandis que dans le couloir fume le samovar et que s’ébranle le Transsibérien, attaquant le plus long voyage du monde sur rail à une vitesse moyenne de 60km par heure ?

Se laisser envahir par la littérature d’Albert Londres, Agatha Christie, Maurice Dekobra, ou les images de Sydney Lumet, Alfred Hitchcock et d’autres… Regarder, réfléchir, méditer, penser, converser, partager, laisser, avec jubilation, les heures s’égrener : le voilà le luxe pour ce nouveau millénaire !

Je suis prête à y souscrire et j’imagine même qu’ayant parcouru le trajet dans un sens, on doit avoir envie de le faire à l’envers ! A condition, toutefois, de passer au moins 24 heures à Moscou pour commencer. Le théâtre du Bolchoï est rouvert et la ville affiche une ébullition permanente qui prépare bien au calme qui va suivre.

theatre du bolchoi - D. Meillieux_flickr

Se souvient-on que le train fut construit sur  l’ordre du tsar Alexandre III pour relier l’occident à l’orient à travers les forêts de bouleaux de la taïga et l’immensité des steppes ? C’est à un  « Western de l’Est » que l’on est convié, sur les traces de Michel Strogoff, Dostoievsky, Lénine ou Staline !

Le luxe dans la décoration des  wagons de « l’Or des Tsars », le service d’un autre temps, propulse le voyageur dans une époque romanesque et fait revivre l’art de voyager du début du XXe siècle en permettant d’évoquer le temps où pour se déplacer dans ces régions il fallait affronter outre les brigands, une nature  particulièrement hostile : blizzard, inondations, brouillard, froid intense, les attaques de loups sans oublier la distance interminable du trajet.

Cab Nost Conf

Il a fallu trente années d’études et de recherches avant le lancement de cette formidable aventure technique et humaine pour aboutir à cette « merveille des temps modernes », quel confort de traverser sereinement les paysages de ce morceau d’univers.

I. Aubert

Crédit photo : D. Meillieux_flickr

♦ Intermèdes propose une croisière ferroviaire de 16 jours sur le Transsibérien à bord de l’Or des Tsars du 28 juin 2012 au 13 juillet 2012 : voir le programme détaillé du voyage

Ce voyage est accompagné par Marie-Edith de la Fournière, diplômée d’Histoire et d’Art plastique. Une conférence intitulée « De Moscou à Pékin : le Transsibérien » aura lieu le 23 novembre 2011 à Paris de 17:00 à 19:00.

Maribor en Slovénie, capitale européenne de la culture en 2012

Mercredi 28 septembre 2011

Maribor - Slovénie

La ville de Maribor sera capitale européenne de la culture en 2012. Au centre d’une région viticole, sylvicole et montagneuse, elle est reconnue pour son tourisme et pour ses nombreuses compétitions de sports d’hiver. Elle est surnommée « La Cité Alpine » depuis 2000.

Sur les rives couvertes de vigne de la Drave, important affluent du Danube, à peu près à égale distance de Zagreb et de Ljubljana, Maribor qui s’est développée grâce à l’activité de son port fluvial, reste proche de l’Autriche à la fois par sa géographie mais surtout par son histoire au cours de laquelle la Slovénie fut possession, des Habsbourg tout comme les duchés de Styrie, Carinthie, Carniole et Istrie à partir de Rodolphe 1er, au XIIIe siècle, jusqu’en 1918.

La reine Marie-Thérèse d’Autriche qui voulait unifier ses possessions, abolit les charges douanières qui ne pouvaient que favoriser les particularismes, veilla à ce que l’instruction se fasse en slovène et ouvrit la route Vienne / Trieste, via Ljubljana. Joseph II fut moins aimable et imposa la langue allemande.

J’ai traversé la Slovénie en juillet 2005, allant d’Autriche en Croatie et je garde le souvenir d’un pays très vert occupé par de belles montagnes qui faisaient penser au Tyrol avec les petits villages surmontés de clochers à bulbe. L’église catholique romaine prédominant (70% de la population), rien d’étonnant à ce que  les lieux de culte soient entretenus avec soin. La population très attachée à ses traditions les respectent avec acharnement faisant profiter les visiteurs de leur cuisine et de leurs vins. Si vous êtes cavalier, c’est dans ce pays que sont élevés les prestigieux lipizzan, chevaux à la robe blanche qui font la réputation de l’école d’équitation espagnole de Vienne. Dans le Sud Ouest du pays, le Haras National de Lipica, fondé en 1580 fournissait déjà les chevaux d’équitation et d’attelage à la cour de l’archiduc d’Autriche. Une épreuve de la Coupe du monde de dressage se déroule ici.

I. Aubert

Toutes les fées se sont penchées sur les Marches, terre dotée s’il en est !

Mardi 23 août 2011

Urbino - Palazzo Ducale e Duomo

Aussi bien par son apparence de vertes collines « à la Toscane » qui s’inclinent vers l’Adriatique,  avec 180 km de plages, que par les cimes de ses montagnes, protégées par deux parcs nationaux, la région des Marches est inoubliable et offre en outre, un condensé de villes d’art éblouissantes, présentant l’ensemble le plus riche qui puisse être, en musées, pinacothèques, bibliothèques, théâtres, etc. On y trouve la plus forte densité d’opéras de toute l’Italie : imaginez, 239 communes et 140 théâtres lyriques ! Les villes, majoritairement situées sur le littoral, sont de véritables trésors d’archéologie.

Au nord, Urbino (en photo), patrie du peintre Raphaël, émaillée de trésors de la Renaissance, rappelle une petite Florence sans les hordes de touristes. Elle fut possession d’un mécène éclairé, un condottiere, au XVe siècle, le duc Frédéric III, à la cour duquel vivaient architectes, mathématiciens, peintres comme Paolo Ucello et Piero della Francesca. Sa bibliothèque et son cabinet de travail, l’incroyable studiolo, couvert de boiseries marquetées que l’on visite au palais ducal, montrent son engouement pour la culture. Et aussi Recanati, ville du poète romantique Giacomo Leopardi. Macerata, qui s’enorgueillit de posséder le plus vieille université d’Italie, Fermo, perchée sur une colline, ancienne colonie romaine,  paisible et sereine, invite à la visite de son palais des Prieurs où l’une des vingt plus belles bibliothèques d’Italie nous parlera du pape Sixte V. Vous apprécierez les gracieux palais Renaissance de Jesi, la « Milan des Marches », patrie de Pergolèse et serez éblouis, dans la galerie rococo du palais Pianetti, par cinq chefs-d’œuvre de Lorenzo Lotto. Ascoli Piceno, tout au sud le la province, entièrement construite en travertin, est un régal pour les yeux avec sa piazza del Popolo, une des plus belles d’Italie, que fait dorer le soleil sur ses murs et un régal pour le palais avec des spécialités culinaires comme les olives all’ascolana ou les fritures de tous genres. Pesaro, ville natale de Rossini où chaque été, depuis 1980, un festival de renommée internationale attire un public fidèle de français, d’allemands et de japonais.

Si les Marches détiennent de nombreux records quant au patrimoine artistique, la région possède aussi celui de compter le plus grand nombre de centenaires de toute l’Italie ! Pourquoi ? Qualité de vie, bien-être, absence de stress… En tous cas la province de Pesaro vient de créer le premier « Festival du Bonheur » avec, en ouverture, un spectacle de l’immense acteur et réalisateur, Roberto Benigni, passé maître dans l’art de cultiver cette valeur rare.

I. Aubert

Crédit photo : ENIT