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MOSCOU : Vive le Bolchoï Nouveau ! Le plus grand théâtre d’Europe.

Lundi 24 octobre 2011

theatre du bolchoi - D. Meillieux_flickr

235 ans d’existence pour cette fierté nationale avec des moments de gloire inoubliables mais aussi des plongées aux enfers, le tout avait rendu l’ensemble plus que fragile : au bord de l’écroulement.

A l’image de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, le théâtre du Bolchoï dépend directement de la présidence de la Russie. Résultat : un chantier de six années, trois mille ouvriers et artisans, on n’en voyait pas la fin ! Mais, avec deux scènes, des machineries rénovées, l’électronique, l’électricité… en un mot c’est la structure entière du bâtiment qui a été refaite. Il avait été, tout comme l’Opéra Garnier, construit sur une zone marécageuse mais à la suite du détournement de la rivière, les piliers qui le soutenaient se sont abîmés. Les structures renforcées, l’aigle à deux têtes, symbole du croisement entre l’Orient et l’Occident, figure de nouveau à son fronton. A l’intérieur, c’est une symphonie de velours cramoisi, de dorures et de passementerie tissée de fils d’or,  des loges avec salon privé, splendeurs d’un autre temps, mais pour les Moscovites rien n’est trop beau. Ici, comme avant, c’est la tradition de la danse qui prime sur le lyrique alors qu’en Europe occidentale c’est le contraire.

Le 28 octobre la soirée d’ouverture sera retransmise sur de nombreuses chaînes télévisées dont Arte, en léger différé, suivie d’un documentaire passionnant. Ce sera un hymne à la musique russe, chanté à la fois par les artistes du Bolchoï mais aussi  Nathalie Dessay, Angela Gheorgiu, Placido Domingo…  A ne surtout pas manquer.

I. Aubert

Crédit photo : D. Meillieux_flickr

Toutes les fées se sont penchées sur les Marches, terre dotée s’il en est !

Mardi 23 août 2011

Urbino - Palazzo Ducale e Duomo

Aussi bien par son apparence de vertes collines « à la Toscane » qui s’inclinent vers l’Adriatique,  avec 180 km de plages, que par les cimes de ses montagnes, protégées par deux parcs nationaux, la région des Marches est inoubliable et offre en outre, un condensé de villes d’art éblouissantes, présentant l’ensemble le plus riche qui puisse être, en musées, pinacothèques, bibliothèques, théâtres, etc. On y trouve la plus forte densité d’opéras de toute l’Italie : imaginez, 239 communes et 140 théâtres lyriques ! Les villes, majoritairement situées sur le littoral, sont de véritables trésors d’archéologie.

Au nord, Urbino (en photo), patrie du peintre Raphaël, émaillée de trésors de la Renaissance, rappelle une petite Florence sans les hordes de touristes. Elle fut possession d’un mécène éclairé, un condottiere, au XVe siècle, le duc Frédéric III, à la cour duquel vivaient architectes, mathématiciens, peintres comme Paolo Ucello et Piero della Francesca. Sa bibliothèque et son cabinet de travail, l’incroyable studiolo, couvert de boiseries marquetées que l’on visite au palais ducal, montrent son engouement pour la culture. Et aussi Recanati, ville du poète romantique Giacomo Leopardi. Macerata, qui s’enorgueillit de posséder le plus vieille université d’Italie, Fermo, perchée sur une colline, ancienne colonie romaine,  paisible et sereine, invite à la visite de son palais des Prieurs où l’une des vingt plus belles bibliothèques d’Italie nous parlera du pape Sixte V. Vous apprécierez les gracieux palais Renaissance de Jesi, la « Milan des Marches », patrie de Pergolèse et serez éblouis, dans la galerie rococo du palais Pianetti, par cinq chefs-d’œuvre de Lorenzo Lotto. Ascoli Piceno, tout au sud le la province, entièrement construite en travertin, est un régal pour les yeux avec sa piazza del Popolo, une des plus belles d’Italie, que fait dorer le soleil sur ses murs et un régal pour le palais avec des spécialités culinaires comme les olives all’ascolana ou les fritures de tous genres. Pesaro, ville natale de Rossini où chaque été, depuis 1980, un festival de renommée internationale attire un public fidèle de français, d’allemands et de japonais.

Si les Marches détiennent de nombreux records quant au patrimoine artistique, la région possède aussi celui de compter le plus grand nombre de centenaires de toute l’Italie ! Pourquoi ? Qualité de vie, bien-être, absence de stress… En tous cas la province de Pesaro vient de créer le premier « Festival du Bonheur » avec, en ouverture, un spectacle de l’immense acteur et réalisateur, Roberto Benigni, passé maître dans l’art de cultiver cette valeur rare.

I. Aubert

Crédit photo : ENIT

Guimarães, capitale européenne de la culture en 2012

Mercredi 3 août 2011

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Au nord du Portugal, à 50 km de Porto, Guimarães est une belle cité médiévale et le berceau du royaume. La restauration de son centre historique lui a valu d’être classée, dès 2001, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle ambitionne maintenant un rôle culturel dans l’Europe de 2012, faisant foi d’un passé qui s’est signalé dès le XIe siècle pour avoir été le berceau des souverains portugais. On y retrouve Henri de Bourgogne et son épouse, la princesse Thérèse qui donne le jour à Alphonse Henriquès, en 1110, lequel succède à son père en 1112 à la suite d’une rude bataille menée contre la régente, sa mère. Il est proclamé roi du Portugal par ses troupes et par son cousin Alphonse VII, roi de Léon et de Castille. La ville est pleine de charme et mérite une visite dans le dédale des rues reliant des places bordées de maisons anciennes en granit. Le musée, réaménagé en 2004, dans des bâtiments romans conventuels du XIIIe siècle, l’église Sao Francisco, le Château, le palais des ducs de Bragance, du XVe siècle : Tout y est harmonie et gageons que cette nouvelle consécration la rendra encore plus attirante et harmonieuse.

I. Aubert

A Java, pluralité des religions et de l’art, au cœur du Pacifique

Jeudi 21 juillet 2011

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La plupart des volcans de l’île de Java sont heureusement plutôt tranquilles et fertilisent la terre. A Yogyakarta, l’immense ville-palais du sultan qu’on appelle le « Kraton », présente des bains royaux   sous lesquels une mosquée troglodytique est enchâssée : Java est en majorité musulmane. Avant l’émergence de l’islam, elle pratiquait une religion basée sur un art de vivre spirituel, le kejawen, sorte de culte de l’harmonie. On honore toujours les banyans, ces arbres géants qui symbolisent la nature et la vie et on respecte les autres religions (bouddhiste et chrétienne). A une quinzaine de kilomètres de Yogyakarta, Prambanan, rassemble quelque 220 temples hindouistes, disséminés dans une prairie, trente kilomètres plus loin, vous êtes à Borobudur et découvrez le plus grand stupa du monde élevé en 800, et redécouvert en 1814, en le dégageant de la jungle.

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L’île mère de l’Indonésie nourrit, à l’ombre de ses volcans, une incroyable effervescence artistique qui a fait de Yogyakarta la « ruche » de Java et un musée à ciel ouvert tant l’art contemporain s’imbrique dans le chaos bon enfant de la rue, à grand renfort de peintures et de tags, sur les murs et les devantures.

Si vous souhaitez un avant goût de cet art, l’espace culturel Louis Vuitton, à Paris, expose, jusqu’au 23 octobre 2011, onze artistes javanais contemporains, ouvrant la porte, à travers sculptures, dessins, vidéos, sur les traditions musicales, la spiritualité et l’histoire de l’île.

I. Aubert

A Venise, la Biennale bat son plein !

Lundi 11 juillet 2011

Venise

Depuis 1895 la biennale de Venise est une des manifestations artistiques internationales les plus prestigieuses. La cinquante quatrième édition fait le plein de pays représentés : 89, douze de plus qu’en 2009.

Certains pays comme le Zimbabwe, l’Inde ou l’Arabie Saoudite sont là pour la première fois apportant la preuve qu’il s’agit d’un engouement culturel mais aussi politique.
Elle met en avant l’art contemporain sous ses diverses expressions : l’art, la danse, le cinéma, le théâtre, l’architecture et la musique, et décerne tous les deux ans des récompenses, les Lions d’Or.

Depuis les années 1990, la manifestation vénitienne, grand-messe de l’art contemporain, redessine la carte géopolitique du moment. Aux grandes puissances d’Europe et d’Amérique qui forment le noyau originel de la Biennale, se sont régulièrement ajoutés les concurrents issus de pays émergents, donnant ainsi le spectacle d’un art méconnu sous la bannière de la cité des Doges, briguant le Lion d’Or comme à Cannes est désirée la Palme d’Or du cinéma.

La Biennale, c’est avant tout le rendez-vous du gotha international. Collectionneurs, galeristes, critiques d’art et directeurs de musée s’y retrouvent. « La puissance d’un État ne mesure plus aujourd’hui à la seule force de son armée, mais à l’image qu’il véhicule » et la culture en est un vecteur essentiel. Bien avant qu’existe la Biennale, il me semble que les Médicis, les Este et autres condottieri avaient ressenti le besoin de faire connaître leur grandeur par l’accumulation de collections d’art,  dans l’Italie du Nord de la Renaissance.

I. Aubert

Cordoue s’éveille

Mardi 5 juillet 2011

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Un pont romain, deux fois millénaire, enjambe le fleuve et conduit à une vaste place de la capitale historique de l’Andalousie. Cordoue qui semblait figée dans un passé où elle fut, il y a mille ans, la ville la plus peuplée d’Europe et la deuxième ville du monde islamique, après Bagdad, s’éveille au XXIe  siècle et offrira, sous peu, un beau musée d’histoire dont la façade au design futuriste semble anachronique dans le décor arabo-andalous jalousement préservé. La ville d’Averroès ne se résume plus à la seule mezquita, la plus belle mosquée d’Occident avec 19 nefs et 850 colonnes de granit, jaspe et marbres précieux, elle va de l’avant et compte bien être « Capitale européenne de la culture en 2016 ».


Après les Arabes, l’Histoire a continué et l’Andalousie s’est tournée vers la Chrétienté en 1236. la médina Al-Zahra prête alors ses fondations à un Alcazar qui laisse des ruines au milieu de jardins envahis de roses, d’orangers et de fontaines. Les rues de la vieille ville avec les patios fleuris, les églises, les terrasses de cafés offrent un territoire familier où il fait bon se promener en glissant doucement vers le Guadalquivir, fleuve dont le nom a des accents dansants et au bord duquel se tenaient les tanneries qui ont fait de Cordoue la capitale du cuir repoussé. Il faut impérativement visiter Cordoue…

I. Aubert

Voyage au Guatémala: le peuple du Quetzal

Lundi 27 juin 2011

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Le Quetzal, oiseau mythique des mayas, ne supporte pas la captivité et meurt si on le met en cage. Emblème du Guatémala, il symbolise la fierté d’un peuple dont l’origine remonte aux Olmèques et qui dirigea toute l’Amérique centrale à l’époque espagnole. Les mayas, qui constituent aujourd’hui 60% de la population, ont obtenu la reconnaissance de leur spécificité culturelle : on enseigne désormais leurs langues et leurs rites religieux.

L’étonnant syncrétisme maya

Les singes descendent des hommes ! D’après les mayas, en tout cas… Leurs légendes racontent en effet comment les dieux tentèrent d’abord de façonner l’homme avec du bois. Expérimentation infructueuse car les malheureuses créatures ne pouvaient se mouvoir correctement. Ces premiers êtres humains ratés restèrent toutefois sur terre sous la forme de singes. Ceux-ci sont aujourd’hui au Guatémala les indispensables héros burlesques des danses indiennes. A Chichicastenango, village des mayas Quiché, une famille perpétue la création des costumes bigarrés et des masques en bois nécessaires aux danses traditionnelles. Les enfants de la maison montrent  aux voyageurs la célèbre danse du « torito » où un conquistador aviné et ridicule affronte un minuscule taureau et se fait finalement encorner par le petit animal. Les indiens se moquent des conquérants espagnols qui ont tenté sans succès d’éradiquer leur religion. Celle-ci reste en effet vivace: à Pascual Abaj, indiens et métis après la  messe dominicale vont apporter leurs offrandes aux anciennes divinités et brûler l’encens en leur honneur. Ils disposent de petites bougies multicolores sur l’autel, chaque couleur correspondant à un voeu spécifique (santé, protection de la famille, succès dans les affaires…)

A Chichicastenango, les chamans indigènes purifient l’escalier principal de l’église avec de l’encens avant le début de la messe catholique, tandis que les fidèles invoquent les ancêtres aux pieds des marches où un autel leur est consacré. Tout autour, le marché bat son plein, bruyant, bariolé, rassemblant les populations autochtones, reconnaissables aux costumes colorés propres à leurs villages. Fruits, légumes, vêtements brodés, animaux, poteries, casseroles et poudre magique… On trouve de tout sur le marché de Chichi! Dans le cimetière local aux tombes peintes en rouge, vert, jaune ou bleu, afin d’offrir un cadre agréable aux âmes en attente de la résurrection, les familles viennent brûler encens et bougies en invoquant les morts…

Le clergé espagnol avait cru, en construisant l’église de Santiago Atitlan avec les pierres du temple maya et celle de Chichicastenango à l’emplacement d’une pyramide, remplacer l’ancienne religion par celle du Christ. Il en résulte de nos jours un syncrétisme qui plonge le voyageur dans un monde étrange, comme si brusquement on franchissait le miroir magique pour rejoindre une autre dimension…

Des pyramides aux processions

Un sentier dans la jungle tropicale, une végétation inextricable et dense, des bruits et des parfums étranges…et tout à coup elles surgissent. Les pyramides. Immenses, elles percent la voûte sylvestre. Tikal. Principal site archéologique maya au Guatémala… Si autour du lac Atitlan, vaste caldeira où plongent de vertigineux volcans, on découvre la population maya contemporaine et ses rites singuliers, à Tikal, au coeur de la forêt tropicale, on admire l’oeuvre de leurs ancêtres. Mathématiques, astronomie, écriture glyphique, architecture… la civilisation des anciens mayas était d’une étonnante richesse. Elle puisait ses racines chez les Olmèques dont l’aire culturelle s’étendit entre 1200 et 500 av J.C du Mexique au Costa Rica, avec des vestiges au Guatemala à Abaj Takalik.

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A la frontière du Honduras et du Guatémala, au pieds des montagnes, Copan réserve bien des émerveillements. Nulle part ailleurs on admire d’aussi belles sculptures maya. Sur des stèles devant les pyramides figurent les anciens rois locaux avec tout leurs attributs:  la coiffe gigantesque surmontée du dieu soleil, les armes, le sceptre serpentiforme et bicéphale, les ennemis piétinés. Une véritable propagande à la gloire des souverains ! Le musée du site abrite une incroyable collection de sculptures, tandis que le fameux escalier des glyphes retrace sur ses 63 marches l’histoire des rois de Copan. Unique!

C’est Pedro de Alvarado, lieutenant d’Hernan Cortès, qui conquit le Guatémala en 1524 et soumit brutalement ses populations indigènes, réduites au servage par le système de l’encomienda. Le dominicain Bartholomé de Las Casas plaida plus tard la cause des indiens et parvint à faire améliorer quelque peu leur sort. Ils échappèrent ainsi à l’esclavage, remplacés toutefois par les  africains dont les descendants au Guatémala forment aujourd’hui la communauté Garifuna. Une étape à Livingston permet au voyageur de découvrir la culture originale de ces populations d’origine africaine.

Antigua, l’ancienne capitale du Guatémala à l’époque coloniale, connut un grand rayonnement culturel au XVIIe et XVIIIe siècles. L’université de San Carlos, l’une des premières d’Amérique latine, n’admit pas au départ les métis. Ceux-ci, enfants errants rejetés aussi bien par les mayas que par les colons, sombraient dans le banditisme. On trouva alors plus judicieux de leur donner une éducation et, autorisés à intégrer l’université, ils devinrent souvent artistes et contribuèrent à l’embellissement de la ville.  Sur la Plaza Mayor, le palais de la Capitainerie générale abritait le gouvernement de toute l’Amérique centrale, du Chiapas au Costa Rica. L’immense cathédrale affirmait la gloire d’une cité régnant sur un territoire aussi considérable, tout comme la vingtaine d’églises rattachées aux couvents des grands ordres religieux. La façade de l’église de la Merced, décorée de stuc blanc aux motifs complexes sur fond jaune, est particulièrement saisissante. C’est de là que part la procession du vendredi saint. A l’aube, des acteurs y jugent le Christ puis vont annoncer sa condamnation dans toute la ville. La procession commence alors et les membres des confréries se relaient pour porter les lourds palanquins surmontés de calvaires et de personnages bibliques, suivis par les musiciens qui jouent les airs funèbres.

L’importance économique des bananes et des expatriés…

En 1821, après l’indépendance, les Provinces unies d’Amérique centrale réunirent Guatémala, Honduras, El Salvador, Nicaragua, Costa Rica..éphémère fédération qui éclata en 1839, victime de dissensions entre les états! De nos jours, ces pays essaient cahin-caha de mettre en place une union économique…

Au XIXe siècle, le gouvernement guatémaltèque accorda des concessions de terres aux compagnies étrangères pour moderniser le pays. La fameuse United Fruit Company, entreprise américaine, établit ainsi un monopole sur la production et l’exportation des fruits exotiques, notamment les bananes. Pour préserver ses intérêts elle influença les dirigeants guatémaltèques afin qu’ils évitent les réformes agraires et redistributions de terres aux paysans. D’où l’expression république bananière...

La United Fruit Company construisit la première ligne de chemin de fer au Guatémala, afin d’acheminer vers les ports ses productions. Mais les rails, trop étroits, sont aujourd’hui inutilisables. C’est donc par la route que tout circule au Guatémala, marchandises comme voyageurs. On croise souvent de pittoresques autocars bariolés roulant à vive allure: les entreprises de transport étant concurrentes, il faut se presser pour ramasser en premier les passagers qui attendent au bord de la route!

Aujourd’hui, le Guatémala accueille encore de nombreuses entreprises étrangères, des sous-traitants installés en zone franche qui approvisionnent les marchés occidentaux, notamment en textiles. Le café, les bananes et la canne à sucre fournissent des devises…mais les principaux pourvoyeurs sont les expatriés guatémaltèques installés aux Etats Unis !

B. Valat

Carnaval de Venise, six siècles de Musique

Mardi 15 février 2011

Carnaval de Venise

« On vole vers Venise comme à un rendez-vous d’amour » écrivait André Suarès dans son « Voyage du Condottière ».

Dans la Venise des arts (pléonasme ?), la musique dispute la première place à la peinture…

Si la splendeur économique et la puissance militaire s’imposent aux XIII et XIVe siècles, la musique attendra le XVe pour laisser ses premières traces et le XVIe pour que s’élabore l’école vénitienne, sous la direction d’un maître de chapelle venu du Nord : Adrian Willaert.

Le musicien le plus associé à La Basilique Saint-Marc reste cependant Monteverdi (1567-1643), maître de chapelle pendant les trente dernières années de sa vie. Il faut aller aux Frari (Santa Maria Gloriosa dei Frari), une des plus grandes églises gothiques de la ville, célèbre pour ses merveilles signées Donatello, Lombardo, Bellini et, bien sûr, Titien. C’est là que repose Monteverdi, en compagnie de Titien et de quelques fameux doges. C’est à Venise qu’il a enfin été reconnu et qu’il a composé, entre autres son « Retour d’Ulysse dans sa patrie » et le « Couronnement de Poppée ».

Les XVII et XVIIIe siècles connaîtront une frénésie d’opéra. A cette époque, Venise collectionne une trentaine de salles d’opéra. Ces salles, propriétés des grandes familles patriciennes, devaient faciliter des rentrées financières que l’activité commerciale déclinante de ville (conflits avec les Turcs, découverte des Amériques, épidémies de peste…) ne permettaient plus. C’est dans cette Venise du XVIIIe que la vie musicale est la plus animée, étourdissante, festive! Goldoni nous en informe: On chante toute la journée, quelle que soit l’occupation à laquelle on se livre; Jean-Jacques Rousseau, Goethe ou Charles de Brosse nous disent que « Tout Venise chante », pas seulement les gondoliers!

Le Carnaval de Venise occupe six mois dans l’année : de Noël à Mardi-Gras puis octobre et novembre et deux semaines après l’Ascension. Six mois de fête, de musique et de jeux… C’est à ce siècle que tout Vénitien fait référence, citant ainsi Vivaldi qui y enseigna la musique et y donna des concerts qui éblouissaient l’Europe entière, Albinoni puis Mozart qui y séjourna pendant le Carnaval de 1771 en compagnie de son père, Léopold.

Erigé vers 1790, plusieurs fois incendié, le Théâtre de La Fenice a offert une scène à Verdi, Rossini, Bellini et Donizetti qui y ont connu le succès. Derrière l’église San Giovanni Grisostoma, sur une petite place, le charmant théâtre Malibran, ouvert au XVIIe siècle offrit une scène à Haendel pour la création de son Agrippina et prit son nom après que la Cantatrice du XIXe y ait chanté La Somnanbule de Bellini.

Wagner arrive à Venise, en août 1858 et y reste six mois au cours desquels il compose le 2è acte de Tristan et Isolde. Il revient s’y éteindre au palazzo Vendramin-Calergi, en 1883, épisode qui inspire à Thomas Mann « Mort à Venise » en 1913 que le grand Visconti réalisa pour le cinéma en 1971 et qui laisse dans les mémoires la vision d’une Venise aux couleurs diaprées habitée de héros d’une grande beauté comme Dirk Bogarde, Marisa Berenson, Silvana Mangano et d’autres sur fond de lagune et de ciel aux couleurs improbables.

Et Stravinsky ? Vénitien de cœur il meurt à New York mais sera enterré au cimetière San Michele près de Diaghilev, créateur des Ballets russes avec qui il a travaillé.

Faîtes un séjour à Venise, le Carnaval commence dans quelques jours et vous y avez rendez-vous avec l’Art.

I. Aubert